Procyanidine B2 : La molécule santé phare du pépin de raisin

Longtemps, l’on a cru que les bienfaits thérapeutiques du vin rouge étaient associés à la présence de resvératrol en quantité notable dans sa composition. Certes, ce polyphénol de la classe des stilbènes est doté d’une activité antioxydante appréciable, mais demeure toutefois moins puissant que les procyanidines, en particulier la procyanidine B2. La majorité des recherches scientifiques plus récentes tendent à démontrer le super pouvoir antioxydant de cette molécule. Mais de quoi s’agit-il exactement et quelles sont ses vertus sur la santé ?

Présentation

Avant de présenter la procyanidine B2, rappelons un petit peu ce que sont les procyanidines, appelées également procyanidols. Ce sont en fait des tanins condensés, formés de polymères de flavonols de type épicatéchol et catéchol, présents en forte quantité dans certains fruits, notamment le raisin, la prune, la fraise et la pomme. On peut aussi les rencontrer dans les légumes et les noix, mais à des doses moins élevées. Ces polyphénols libèrent un pigment rouge très coloré, dits cyanidol, qui est un anthocyanidol, lorsqu’ils sont portés à l’ébullition en milieu acide. (1)

Procyanidine B2, flavonol présent dans les pépins de raisin

Ces procyanidines, connus sous des termes commerciaux tels que pycnogénols, oligo-proanthocyanidines (OPC), procyanidines polymériques ou oligomériques, sont les structures les plus simples des proanthocyanidols dimériques (une des structures chimiques des tanins condensés qui peuvent être dimères, oligomères et polymères). À leur tour, ces procyanidols se présentent sous plusieurs types, dont de type B-1, B-2, B-3 et B-4, qui sont constitués de deux unités de (+)-catéchol et (-)-épicatéchol liées en C-4 et C-8, et ceux de type B-5, B-6, B-7 et B-8, constitués aussi de ces deux unités mais avec des liaisons en C-4 et C-6. Il y a aussi les procyanidols de type A, mais ce qui nous intéresse particulièrement dans ce billet est la procyanidine B2, qui est de formule chimique C30H26O12 et de structure (-)-épicatéchol-(4beta–>8)-épicatéchol.

Les OPC ont cette aptitude à piéger les radicaux libres, principaux responsables du vieillissement prématuré des cellules, et également de nombreuses maladies touchant actuellement la société moderne, telles que les troubles cardiovasculaires et les cancers (2). Ce qui est intéressant avec les dimères, c’est que ceux-ci peuvent passer sans problème à travers les parois intestinales, en particulier la procyanidine B2. Autrement dit, cette molécule peut atteindre facilement ses cibles, et jouer son rôle de super-antioxydant. Les polymères, par contre, ne sont pas absorbés et peuvent atteindre les gros intestins et le côlon, où ils seront dégradés en acides phénols et évacués dans les urines, une fois au contact de la flore colique.

Une étude datant de 2001 menée par Déprez et coll a parlé de ce transport des dimères au travers de la paroi intestinale. Ces scientifiques ont remarqué que le (+)-catéchol passe facilement à travers les différentes couches de cet organe (3). Des études similaires ont montré que suite à la consommation de vin rouge, des dimères de procyanidines ont été détectés dans le plasma sanguin, dont en particulier de type B2 et B1, seulement 30 minutes après l’ingestion de la boisson. La concentration plasmatique en catéchol et épicatéchol continue d’augmenter 2 heures après, avant de baisser progressivement après 6 heures environ (4).

Vertus santé de la Procyanidine B2

La procyanidine B2 a déjà l’objet de pas mal d’études scientifiques. Les résultats de chacune d’entre elles ne font que confirmer le super pouvoir antioxydant de cette molécule naturelle puissante, pourtant présente à une quantité infime dans les pépins de raisin. Voici quelques-unes de ces observations scientifiques, considérées comme étant les plus importantes de l’histoire de la phytothérapie moderne.

Efficace contre les effets néfastes de l’éthanol

Au cours de l’une des expériences les plus notables réalisées sur la procyanidine B2 extraite des pépins de raisin, il a été découvert que cette molécule est capable de contrecarrer les effets néfastes de l’alcool sur le système nerveux central et l’ADN. Son effet protecteur vis-à-vis des neurones et des cellules a été comparé avec ceux du resvératrol et de bien d’autres antioxydants, à l’instar de la vitamine E et de l’acide ascorbique.

Il est connu scientifiquement qu’une dose journalière élevée d’éthanol allant de 2,5 à 5 kg-1 p.i peut conduire à une importante dégradation des cellules du cervelet, de l’hypothalamus et du cortex cérébral. En seulement 30 jours, cette dose est létale pour les ADN du cerveau. Cependant, la prise d’extraits de pépins de raisin enrichis en procyanidine B2 3 jours avant la consommation de la première dose d’alcool chez les sujets soumis au test, a permis de protéger les cellules et de prévenir les lésions. Des doses variables de 25, 50 et 100 mg/kg de ces extraits ont été utilisés. Les résultats ont montré que ces quantités ont été largement efficaces, par rapport aux doses de vitamine C employées, qui ont été de 50, 100 et 200 mg/kg. (5)

Activités antioxydante

Nombreuses sont les études qui ont prouvé l’activité antioxydante de la procyanidine B2, dont voici l’une d’elles. Au cours de cette expérience, les chercheurs ont étudié le mécanisme d’action préventive de cette molécule naturelle contre les dommages oxydatifs de l’ADN des cellules humaines, mises en culture. Il a été donc remarqué que ce dimère de la procyanidine a agi comme un inhibiteur de la formation de 8-oxo-7,8-dihydro-2′-deoxyguanosine (8-oxodG), qui résulte de l’oxydation d’un désoxyribonucléoside.

Pour rappel, une des techniques adoptées par les chercheurs pour évaluer l’efficacité de certains antioxydants est de mesurer le taux de concentration de ce composé chimique. Celui-ci est surtout remarqué chez les sujets ayant des problèmes de santé, tels que maladie de Parkinson, leucémie, ou autres formes de cancer. Dans cette expérience, la procyanidine B2 a bloqué la formation de 8-oxodG en présence de Fe II. Par contre, en présence de Cu II et H2O2, cette molécule a agi comme un pro-antioxydant vis-à-vis de l’ADN. Ce qui a mené les scientifiques à conclure que cette substance peut aussi déclencher un stress oxydatif par l’ajout d’autres espèces réactives ou instables, possédant un nombre impair d’électron. Ce qui nous amène à conclure qu’il faut bien choisir les substances actives à utiliser pour accompagner la procyanidine B2. (6)

Protection des cellules coliques

Des études plus récentes, datant de 2012, ont avancé que la procyanidine B2 est l’un des flavonoïdes puissants ayant des effets protecteurs vis-à-vis des cellules du côlon, en optimisant les défenses cellulaires endogènes. Les chercheurs ont avancé que cette molécule protège les cellules coliques des conséquences néfastes du stress oxydatif et des lésions dues à l’absorption de substances chimiques. Jusque-là le mécanisme précis de cette action protectrice n’est pas encore très compris. La procyanidine semble agir sur l’expression de l’une des enzymes antioxydantes de l’organisme ayant un rôle protecteur vis-à-vis de l’intestin, la glutathion S-transferase P1 (GSTP1).

Au cours de cette observation, les cellules Caco-2 du côlon ont été traitées à différents moments avec de la procyanidine B2. Les activités enzymatiques, ainsi que les niveaux d’ARNm et de GSTP1 ont été contrôlés régulièrement. Les résultats de l’expérimentation ont montré que la procyanidine B2 induit l’expression et l’activité de GSTP1, ainsi que la stimulation de Nrf2 ou NFE2L2 (Nuclear factor erythroid-derived 2-like 2). D’une manière inattendue, deux protéines de signalisation importantes impliquées dans la translocation de Nrf2 ont été activées, à savoir ERKs (Extracellular signal-regulated protein kinases) et MAPK (Mitogen-activated protein kinase), des protéines kinases essentielles au développement, à la différenciation et la survie des cellules. (7)

À titre de rappel, le Nrf2 est un facteur de transcription ayant un rôle des plus importants au sein de l’organisme, dont la protection contre l’effet de stress oxydatif. Le fait de le stimuler de manière pharmacologique, ou bien par thérapie génique (apporter le gène localement) permet de prévenir et traiter certaines maladies neurodégénératives (8), et les complications du diabète (9).

Une activité anti cancéreuse et anti inflammatoire

L’un des plus grands défis des scientifiques actuellement est de trouver un traitement efficace et de courte durée pour venir à bout des lymphomes de Hodgkin. La plupart des thérapies adoptées sont, en effet, toxiques pour l’organisme sur le long terme.

Il a été découvert lors d’une étude scientifique que la procyanidine B2 peut interagir avec les protéines NF-ĸB en inhibant la liaison NF-ĸB à l’ADN. À noter que les complexes NF-ĸB sont un groupe de facteurs de transcription qui intervient dans diverses voies de transduction de signaux, tels que stress oxydatif, cytokines, hormones de croissance, drogues et infections. En d’autres termes, la voie de signalisation NF-ĸB assure une fonction importante dans les réponses immunitaires et inflammatoires de l’organisme. Elle est impliquée dans la réponse anti-apoptique des cellules, au cours de leur différenciation normale et même en cas de cancérogenèse. (10)

Lors de cette analyse, les scientifiques ont donc remarqué que ce dimère de la procyanidine a agi comme un inhibiteur des NF-ĸB des cellules de Reed-Sternberg (cellules malignes de grande taille caractéristiques des lymphomes de Hodgkin), afin de bloquer leur multiplication. Un taux d’inhibition de 41 à 48 % a été noté. Cette inhibition était associée au blocage de l’expression du gène induit par NF-ĸB, incluant les cytokines (IL-6, TNFa et RANTES) et les protéines anti-apoptiques (Bcl-xL, Bcl-2, cFLIP et XIAP). (11)

La procyanidine B2 est donc extrémement anti cancereuse et anti inflammatoire. L’inflammation chronique étant associé au vieillissement prématuré, cette molécule est donc particulièrement intéressante

Arme puissante pour maintenir l’homéostasie

D’autres analyses ont montré que la procyanidine B2 constitue une arme puissante pour maintenir l’homéostasie, autrement dit la capacité de notre organisme à maintenir son équilibre physiologique interne malgré les contraintes extérieures.

Une étude scientifique a démontré que la procyanidine est capable d’empêcher la production et la maturation des cytokines inflammatoires interleukine-1beta (IL-1beta), stimulées par l’inflammasome (complexe protéique oligomérique responsable de l’activation des processus inflammatoires en cas d’infections virales et ou bactériennes). Les chercheurs ont découvert qu’il est possible de maintenir, voire d’optimiser, l’homéostasie en modulant les réponses inflammatoires de l’organisme par la prise de compléments alimentaires « bioactifs » à l’instar de la procyanidine B2.

Pour déterminer le rôle de la procyanidine B2 dans le déclenchement de l’inflammasome, les scientifiques ont renforcé, d’une part, l’activité des cellules macrophages THP-1 qui agissent sous l’effet des lipopolysaccharides ou LPS (endotoxine pyrogène se trouvant dans la membrane externe des bactéries à Gram négatif) en recourant à la procyanidine B2, et d’autre part ont laissé ces cellules à assurer leur rôle dans l’immunité innée et adaptative. Conclusion, il a été remarqué que ce flavonoïde inhibe la sécrétion et l’activation d’IL-1beta pendant une réaction inflammatoire aiguë induite par les LPS. (12)

Autres propriétés médicales reconnues

Nombreux sont les chercheurs qui ont essayé de découvrir les effets des flavonoïdes sur le système cardiovasculaire. Mais jusqu’à ce jour, les véritables composants responsables des effets bénéfiques sur les artères et le cœur n’ont pas été toutefois entièrement identifiés.

Lors de cette expérience, il a été remarqué que les principes actifs contenus dans le jus de raisin possèdent la capacité d’inhiber l’agrégation plaquettaire, étape initiale de la coagulation sanguine, dite hémostase, lors d’une lésion d’un vaisseau sanguin. Sans intervention médicale, celle-ci augmente les risques de formation de thrombus. Les sujets soumis au test ont été départagés en trois groupe, ayant pris chacun au quotidien des verres de jus de fruits, dont du jus de raisin pour le premier, du jus d’orange pour le second et du jus de pamplemousse pour le troisième groupe. Les chercheurs ont conclu que les procyanidines dimères et trimères du raisin, dont fait partie la procyanidine B2, figurent parmi les principaux responsables de ce bienfaits. (13)

Une étude similaire a aussi prouvé que le simple fait de boire de jus de raisin au quotidien permet d’améliorer la fonction endothéliale, d’optimiser les performances cardiaques et de réduire les risques de surexposition au mauvais cholestérol chez les patients atteints de coronaropathie (maladies des artères coronaires), toujours grâce à la présence de procyanidines dans sa composition. Rappelons que cette maladie est due à l’accumulation de dépôts de mauvais cholestérol, de calcium ou d’autres substances (plaque d’athérome) sur la paroi des artères, entrainant la baisse du flux sanguin vers le cœur. (14)

Une publication scientifique, qui date de 2001, a aussi présenté dans ses grandes lignes les rôles protecteurs des procyanidines et certains flavonoïdes contenus dans les raisins entiers (chair et pépins) contre la formation de plaque d’athérome, ainsi que leur pouvoir de favoriser la libération d’oxyde nitrique synthase (NOS), une substance ayant des effets vasodilatateur et stimulateur du flux sanguin. (15)

L’extrait de pépin de raisin Dynveo possède le plus haut score en procyanidine B2 du marché, avec un total supérieur ou égal à 5%.

Pour en savoir plus, lisez notre article Bien choisir son extrait de pépin de raisin

 

Référence :

(1) Bruneton, J., Pharmacognosie – Phytochimie, plantes médicinales, 4e éd., revue et augmentée, Paris, Tec & Doc – Éditions médicales internationales, 2009, 1288 p.
(2) Santos-Buelga, C. & Scalbert, A.« Proanthocyanidins and tannin-like compounds-nature, occurrence, dietary intake and effects on nutrition and health », J. Sci. Food Agric., vol. 80, ‎2000, p. 1094-1117.
(3) Stephanie Deprez, Isabelle Mila, Jean-François Huneau, Daniel Tome, Augustin Scalbert., « Transport of Proanthocyanidin Dimer, Trimer, and Polymer Across Monolayers of Human Intestinal Epithelial Caco-2 Cells », Antioxidants & Redox Signaling, vol. 3, no 6,‎ 2001,p. 957-967.
(4) Bell JR, Donovan JL, Wong R, et al. (+)-Catechin in human plasma after ingestion of a single serving of reconstituted red wine.Am J Clin Nutr2000;71:103–8.
(5) Lei GUO, Li Hui WANG, Baoshan SUN et al.« Direct in vivo evidence of protective effects of grape seed procyanidin fractions and other antioxidants against ethanol-lnduced oxidative DNA damage in mouse brain cells ». Journal of agricultural and food chemistry (Print)A.2007, vol. 55, n° 14, pp. 5881-5891.
(6) SAKANO Katsuhisa, MIZUTANI Mika, MURATA Mariko. « Procyanidin B2 has anti- and pro-oxidant effects on metal-mediated DNA damage ». Free radical biology & medicineA. 2005, vol. 39, n° 8, pp. 1041-1049.
(7) RODRIGUEZ-RAMIRO Ildefonso, RAMOS Sonia, BRAVO Laura. « Procyanidin B2 induces Nrf2 translocation and glutathione S-transferase P1 expression via ERKs and p38-MAPK pathways and protect human colonic cells against oxidative stress ». European journal of nutrition (Print)A. 2012, vol. 51, n° 7, pp. 881-892.
(8) Joshi G, Johnson JA, « The Nrf2-ARE pathway: a valuable therapeutic target for the treatment of neurodegenerative diseases». Recent Pat CNS Drug Discov, 2012;7:218–229.
(9) Tan SM, de Haan JB « Combating oxidative stress in diabetic complications with Nrf2 activators: how much is too much?» , Redox Rep, 2014;19:107–117.
(10) Karin M. Nuclear factor-kappaB in cancer development and progression.Nature2006; 441 : 431–436.
(11) MACKENZIE Gerardo G., ADAMO Ana M., DECKER Noah P. « Dimeric procyanidin B2 inhibits constitutively active NF-KB in Hodgkin’s lymphoma cells independently of the presence of IκBmutations ». Biochemical pharmacology A.2008, vol. 75, n° 7, pp. 1461-1471.
(12) Martinez-Micaelo Neus, González-Abuín Noemi, Pinent Montserrat. « Procyanidin B2 inhibits inflammasome-mediated IL-1β production in lipopolysaccharide-stimulated macrophages ». Molecular nutrition & food research, 2015, vol. 59, n° 2, pp. 262-269. Copyright© 2015 WILEY-VCH Verlag GmbH & Co. KGaA, Weinheim.

Laisser un commentaire